14 juin 2015 - La roseraie de Dourioux

Comme à l’accoutumée, la sortie d’HandiLettante de ce 14 juin commençait par le traditionnel covoiturage pour mener tous les adhérents sur les lieux de notre sortie. On ne parle pas assez de ces moments privilégiés où les adhérents se retrouvent entre eux dans l’espace confiné des voitures et parlent à loisir de la journée à venir en se remémorant celles passées ; tout cela ne se fait pas sans fous-rires ni émotions ; bref il s’agit là d’un prélude bien agréable…
Lorsque nous sommes arrivés à  la roseraie de Dourioux le temps menaçait et quelques gouttes tombèrent péniblement mais, sûrement par égard pour nous, le ciel retint contre lui sa couverture grise de nuages rebondis et nous avons pu nous installer confortablement sous une ample tonnelle fleurie pour notre traditionnel pique-nique.
Tout le monde sait à HandiLettante que le « pique-nique » est un mot convenu pour parler du plantureux repas que nous faisons ensemble. Chacun emmenant  une spécialité ou une attention  à partager, nous sommes vite débordés par l’abondance ; cependant  la gourmandise nous aide vite à honorer les petits plats de chacun et les restes (quand il s’en trouve) sont dûment partagés pour le repas du soir (au cas où on aurait encore faim !).
A l’issue de notre repas, nous nous sommes donc tournés vers la roseraie proprement site et nous avons vu surgir une dame blonde vêtue de dentelles, tenant à son bras un panier contenant l’inévitable sécateur dont le jardinier ne se sépare jamais pour une balade au jardin : il s’agissait de la propriétaire des lieux : Madame Chabry. Malgré son allure toute de légèreté, c’est avec une force de caractère et une volonté  peu communes qu’elle décida d’établir cette roseraie dans un champ qu’elle voyait – et couvait d’envie -de sa fenêtre. Elle se mit à parler de ses roses, avec l’abondance que l’amour porte aux lèvres. Avec une précision de dentellière et un regard de peintre, son langage développait  cette originalité qui transforme les choses en êtres vivants. Ainsi elle parlait de  leur «  cœur brodé «  et de leur « d’œil vert ». « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?» demandait Lamartine. A cette question, Madame Chabry répond « oui » à l’évidence, car grâce à elle, les roses perdaient  à nos yeux  leur statut de simples plantes pour devenir des êtres à part entière. En effet, chacune d’entre elle avait une histoire, toujours passionnelle, où  l’amour et la  mort se mêlaient  aux réalités prosaïques pour donner à l’ensemble le doré de la légende.
Lorsque nous sommes parvenus au fond du jardin, les barnums que Roger et nos amis avaient montés le matin nous accueillirent. Il était temps ! Le ciel n’en pouvant plus de retenir ses nuages les lâcha d’un coup et ils nous arrosèrent d’une ondée de cordes bien serrées. Une fois l’averse passée, la dame jardinière nous conduisit  à son potager. Quel charme dans ce lieu clos ! Une étrange sculpture qui faisait penser à une tête de mort semblait en interdire l’entrée  au mauvais sort, tandis que cachée dans un énorme buis centenaire, une vierge à l’enfant en bois se reposait de l’agitation du monde. Le caquètement de poules (originales !) se mariait avec le vert des salades tandis que les feuilles des arbres s’égouttaient de la récente averse…
Mais il fallut partir, l’église de Châtel Guyon et ses fresques nous attendaient. Au revoir Madame Chabry ! Que vos roses  gardent la belle santé que vos soins leurs assurent afin d’avoir le bonheur, un prochain jour,  de respirer encore leurs parfums en écoutant la musique de votre amour pour elles.
Encore un petit tour de voiture ensemble pour s’échanger nos impressions sur cette douce et tendre  roseraie  et nous arrivons à Châtel Guyon où nous sommes accueillis, avec une émouvante chaleur humaine, par M. Levadoux, organiste dans l’église Sainte Anne et ancien professeur d’Histoire.
C’est un homme charmant, M.Levadoux,  plein de cette douceur propre aux gens qui aiment donner. Il attend patiemment que nous soyons tous installés et nous raconte, oui, nous raconte comme une belle histoire vraie, la rencontre improbable entre un petit curé d’Auvergne et le grand peintre Nicolaï Greschny, resté seul en France à la libération, car sa patrie, l’Estonie, est devenue soviétique.  C’est en 1956, lors de cet hiver si célèbre par sa terrible et mortelle rigueur  que les deux hommes se rencontrent et que cette étrange aventure porteuse de la chaleur de l’amour du Christ va se réaliser…en deux mois seulement ! En effet, habité par le génie et fort d’une méthode de peinture à la chaux, Greschny, sans maquette ni dessins, peint à main levé, les  900 m2 des murs de l’église avec l’histoire de l’apocalypse. Les personnages de la Bible ont souvent les visages des villageois, l’humour du peintre se fait sentir dans des détails infimes que souligne pour nous M.Levadoux de son œil exercé et connaisseur. La visite s’achève sur l’attention portée aux vitraux composés en cristaux de baccarat. Nous aurions bien aimé entendre M.Levadoux nous jouer un morceau à l’orgue, mais il était trop tard. Une bonne raison pour revenir et l’écouter nous conter encore une fois la belle histoire chaleureuse de l’hiver le plus froid du siècle !










M.Levadoux en son église Sainte Anne.

 Texte de Frédérique Marty (juin 2015)

25 avril 2015 - En pays riomois

Par les grands parcs et par les bosquets, parle-nous,
Doux poète du temps passé, des bonnes gens
Qui, ici vécurent en donnant à l’air du temps
Le piquant de l’esprit, le parfum des coucous.

Et le poète aux yeux d’ombre pour nous convoque
Gabriel Mercier gentilhomme d’époque
De ce siècle-lumière pour esprits éveillés
A la beauté des choses et aux humanités.

Sa démarche légère comme aux talons ailés
Nous guide dans l’histoire de Portabéraud
Dans ces vieilles allées ponctuées d’achillées
Où rêvent solitaires les mânes de Rousseau.

Ici la jardinière a gardé ce sourire
Qu’elle offrait, toute tendre à Jean-Marie Fretat.
Le temps, grand destructeur, n’a pas su le réduire :
Il pose sur nos cœurs comme un souffle de soie.

Quelques gouttes de pluie nous font nous réfugier
Au sein d’une chapelle d’étrange dimension :
Peu de place pour la foule, ici on est convié
A prier la Nature dans son Incarnation.

Après les agapes du cloître de Marsat
La Vierge en majesté nous tend ses noires mains,
Coupe de l’Amour pur où se noie tout chagrin,
Mère de chacun de nous vers qui glissent  nos pas.

Ici chante une source à limpide apparence
Elle parle de François, premier de renaissance,
Là un château meurtri dit sa tour abolie
Et cette association qui lui a reconstruit.

Dans une grange noire au haut plafond sonore
Coulent le jus de pomme et les rires des amis.
Des couleurs du soir déjà le ciel rosit
Quand nos cœurs affamés crient d’une voix « encore ! »…

Frédérique Marty. (26/04/2015).

Merci  à Pascal Piéra, « le poète aux yeux d’ombre du temps passé », à Daniel Lamotte, à tous les amis d’HandiLettante qui ont permis cette merveilleuse sortie, sans oublier les responsables de la Mairie de MARSAT ainsi que l’actuel propriétaire du Domaine de Portabéraud. F.M.

Samedi 27 Septembre - Sculpter la terre avec Frédérique Lacroix-Damas

Un grand MERCI à Frédérique LACROIX DAMAS et son ami Daniel pour nous avoir fait découvrir dans un décor bucolique, le plaisir de l’initiation au modelage.
L’atelier de Frédérique est niché dans un écrin de verdure. On voit dès notre arrivée des corps alanguis sur les murs, d’autres se dressant dans quelques recoins. La beauté de l’œuvre accomplie suscite alors en nous l’émoi et le questionnement : - suis-je vraiment capable de modeler la terre ?  HANDILETTANTE prend alors tout son sens, et réveille les nôtres  :
Catherine a organisé notre venue en ce lieu, elle nous a tendu une main, pour qu’à notre tour  nous animions les nôtres ; et  ce fut un moment magique !
L’Artiste se fait simple professeur, souriante, plaisantant, allant de l’un à l’autre. Rapidement autour de la table chacun savoure le plaisir du malaxage, du ressenti. Sous nos doigts,  cette matière naturelle pleine de caractère et de docilité : l’argile est pleine de secrets.
Nous apprenons, à former un volume autour duquel on peut tourner,  à faire des assemblages de colombins, à manier la barbotine. Nous utilisons des outils tel le couteau ou l’évidoir. La matière sèche au fur et à mesure des minutes passées. Nous humidifions et modelons notre construction qui nait de notre observation, de notre pensée, de notre ressenti et des conseils de Frédérique. Après une approche libre, nous découvrons les contraintes d’un sujet choisi.
Nous ferons naitre entre nos doigts un éléphant : et chacun sait qu’un éléphant ça trompe énormément…..
Mais dans ce monde magique, Frédérique s’assure que rien ne nous trahit vraiment et nous guide avec beaucoup d’attention.
C’est ainsi que l’après midi s’écoule sans que nous y prenions garde.
Un passage dans l’atelier s’impose pour découvrir le four et les différentes techniques de cuisson. Là encore s’exposent les compositions variées de l’Artiste qui travaille pour son plaisir, mais aussi sur commande.    
Avant de repartir, le soleil nous invite à prolonger l’échange autour d’un goûter que Catherine a préparé. Nous découvrons ainsi les inspirations Belges de Frédérique qui nous fait feuilleter un superbe livre de sculptures. Elle a su nous donner le plaisir d’oublier nos handicaps, de découvrir nos capacités, de dépasser la fatigue (un moment), l’envie de revenir……..
Tous nos amis d’HANDILETTANTE ne pouvaient être là, l’atelier accueille une dizaine de personnes à la fois.
Alors l’expérience reste à renouveler…

Monique

27 juillet 2014 - En pays d'Issoire

Quelle merveilleuse journée que celle que nous avons vécue ce dimanche 27 juillet !
Cela  a commencé sous les meilleurs auspices puisqu’un soleil guilleret nous a salué dés ce début de matinée où nous nous sommes retrouvés après un covoiturage bien organisé, devant la tour de l’horloge à Issoire.
Nous avions encore les flons-flons du départ de la course cycliste locale dans la tête lorsque la charmante guide nous a fait un historique extérieur de la tour de l’horloge avant de suivre la visite intérieure avec son actuelle exposition ayant pour thème « Les Chemins ».
Outre les explications de la guide, nous avons apprécié l’ascenseur bien intégré qui nous a permis de visiter chaque étage de cette tour médiévale ; nous avons également admiré les sculptures d’artistes étrangers avec parmi elles, une superbe représentation en bois d’une statue de Saint Jacques de Compostelle.
Nous reprîmes ensuite nos véhicules respectifs pour un trajet d’une vingtaine de kilomètres vers le village du Vernet La Varennes. Garés en surplomb du village, prés de l’entrée du château de Montfort nous nous sommes installés devant l’édifice qui  en cette matinée estivale resplendissait de sa forme massive éclairée de ses vieilles pierres blondes : un vrai château de conte de fées.
Il était initialement prévu que nous fassions un pique nique dans une des dépendances du château ; mais avec ce beau temps, nous préférâmes la douceur de l’ombre imposante d’un tilleul séculaire.
Ce fut un pique nique pantagruélique car chacun avait apporté de quoi contenter plusieurs personnes et tout le monde goûtant un peu de tout, nous fûmes vite rassasiés de bons plats, de bons mots et de rires (encouragés par les rosés de Myrtille et d’Eric ainsi que par le rouge  de Sandy !)
Ce fut à ce moment qu’arriva notre chère amie Anne-Marie accompagnée de son fils Cyril ; ils furent chaleureusement accueillis par du vin et des gâteaux !
Malgré le désir de sieste affiché par certains qui déjà s’étendaient dans l’herbe tendre, il était déjà temps de nous rendre à la visite de la « Maison de L’Améthyste »  située dans l’arrière du château.
Nous trouvâmes là quelques pièces sommairement aménagées pour l’installation d’un atelier de polissage ainsi que pour l’espace de visite sur le thème de l’améthyste.
Mais le joyau de cette visite ne fut pas l’améthyste elle-même mais bien son guide : Nicolas Léger. Ce jeune homme au regard de saphir est intarissable sur les gemmes dont il  parle avec un réel enthousiasme communicatif. Sa passion est soutenue par une connaissance  impressionnante. Traduisant les phénomènes physiques géologiques compliqués en termes simples pour notre meilleure compréhension, il raconte l’histoire multimillénaire des cristaux sous les angles physique, mythologique et historique. Le silence qu’impose son discours plein d’humour en dit long sur sa capacité à capter l’attention de son public : nous étions tous bouche bée devant son savoir et les questions fusaient de partout quand il se taisait.
Cette approche passionnée de l’améthyste nous mis en appétit devant l’atelier de polissage proposé. Ce fut un groupe studieux et appliqué qui travailla sur des morceaux de « fluorine » pour faire de ces cailloux grossiers de belles pierres polies. Le travail demande patience et attention mais personne dans le groupe inscrit pour cette activité ne manqua à ces exigences ; même la fougueuse Sandy amena son travail jusqu’au bout sans se lasser.
Pendant ce temps le restant du groupe s’était aventuré aux premier et second étages du château pour admirer une exposition de peintures d’artistes régionaux. En redescendant dans le parc, des regards avertis  indiquaient  aux « petits nouveaux » l’endroit touffu d’arbres dans la montagne où se nichait la maison d’Alexandre Vialatte. Les deux groupes se retrouvèrent dans le parc devant la Maison de l’Améthyste pour un goûter qui n’avait rien à voir avec la nécessité mais tout avec la gourmandise !
Sans qu’on s’en rende compte, il était 18h30 passé. Comme le temps coule vite lorsqu’on est heureux en bonne compagnie ! A très bientôt pour une autre sortie « bonheur » comme sait si bien nous en concocter HandiLettante.

 Frédérique M.

18 Avril 2014 – Jardin botanique de la charme

Nous sommes un bon groupe à nous retrouver rue de la Charme devant le jardin botanique du même nom. Une arrogante fraîcheur fait taire un soleil geignard aussi sommes nous bien enveloppés dans nos manteaux pour commencer une visite animée par  M.Soubre, chef jardinier du parc.
Ce passionné de fleurs et de plantes nous présente d’abord, juste à côté du parc proprement dit, un grand jardin rayonnant  de quantités de tulipes. C’est « le printemps des tulipes » clermontois qui s’offre ici (ainsi qu’au Jardin Lecoq), de mars à mai, une exposition en forme d’explosion de couleurs !
« Nous avons ici 160 variétés de tulipes  et plus de 22500 bulbes plantés» dit en souriant M.Soubre qui peine à cacher sa fierté. En effet, elles étaient resplendissantes vos tulipes, M.Soubre, chacune provoquant des « oh » et des « ah » d’admiration devant leurs couleurs, leurs formes. Rassemblées là sous la protection de plusieurs grands charmes, elles évoquaient un immense tapis  coloré, animé par un vent malicieux qui frisait les pétales et bousculait les corolles.
A l’issue de cette rapide visite, nous sommes passés dans le parc botanique lui-même. Ces 18000m2 de terre argilo-calcaire abritent des collections de 2600 espèces de plantes et sont partagés en plusieurs jardins et différents thèmes afin d’enrichir et (n’hésitons pas à employer le mot !!) de CULTIVER le promeneur !
Nous avons eu d’abord droit à un « jardin écologique » ainsi nommé parce qu’il  laisse les plantes installées là, évoluer  en toute liberté comme elles le feraient dans un milieu naturel. Cet endroit a été dessiné et construit pour reproduire à moindre échelle les différents accidents du relief que la nature peut offrir. Ainsi une tourbière abrite ce petit endroit accompagnée d’une mini cascade d’un bassin en plaine et même d’une forêt mixte. Evidemment une petite faune composée d’oiseaux d’insectes de mammifères et d’invertébrés a  vite colonisé l’endroit et même le jardin entier puisqu’à l’écoute de cris d’oiseaux exotiques, M. Soubre nous a expliqué qu’il s’agissait d’enregistrements sonores destinés à éloigner les animaux qui se révèleraient nuisibles dans cet environnement fragile et artificiel.
A l’issue de ce petit pays reconstitué, nous sommes surpris de nous retrouver devant de longues plates bandes alignées aux plantes étiquetées et nommées en latin : c’est le jardin dit « systématique ». Ici, tout est rangé et classifié, aucune place n’est laissée à l’improvisation.
Suivent plusieurs jardins aux thèmes astucieusement éveilleurs de curiosité. Ainsi le « jardin des 5 sens » où les fleurs se signalent par leurs facultés à être goûteuses ou toxiques (sens du goût), parfumées ou puantes (sens de l’odorat) douces ou urticantes (sens du toucher)…
Plus loin le jardin d’essai où M. Soubre et ses collègues tentent l’acclimatation d’espèces étrangères.
Une autre collection d’arbres et arbustes dite « fructatum » nous propose une collection fruitière que nous ne pouvons malheureusement pas tester vu la saison !
Les arbres d’alignement et d’ornement nous saluent de leurs fleurs (pour les magnolias encore fleuris). Ils sont impressionnants et majestueux.

Mais le grand air (même frais !) creuse !  Nous sommes heureux de nous approcher d’une des tables en bois mises à la disposition des familles désireuses de faire un pique-nique dans ce lieu privilégié. M. Soubre et son collègue sont invités à partager notre goûter et c’est dans une heureuse ambiance que nous dévorons gaiement les gâteaux faits par les adhérents d’HandiLettante (Bravo ! C’était très bon !!).
Nous discutons encore avec ces jardiniers inlassablement amoureux d’une nature si belle surtout que nous n’avons pas eu le temps de visiter la graineterie.  C’est ce moment là qu’a choisi une froide pluie pour mettre un point final à notre visite.
 Le magnifique « davidia invulocrata » agitait ses mouchoirs en signe d’adieu et nous lui répondîmes par des « au revoir » tant ce petit monde arboré, fleuri et hors du temps donne envie de se réfugier de nouveau en son sein généreux.

Frédérique M.

22 mars 2014 - Visite guidée du vieux Montferrand

Le vent soufflait ce 22 mars là quand nous nous sommes retrouvés devant le Musée Roger Quilliot pour faire une visite du vieux Montferrand en compagnie de M. André Collin, président de l'association  Montferrand renaissance.
Certes il était froid ce vent, mais également vivifiant pour notre curiosité, notre  désir de savoir et de réveiller tous les fantômes qui nous attendaient là…et ils étaient nombreux !
Nous apprîmes d’abord comment, ce qui paraissait être une condamnation à la pauvreté de Montferrand - le rattachement à Clermont - fût finalement ce qui permît de sauver cet îlot médiéval , puisque les urbanistes, privilégiant Clermont,  délaissèrent le lieu qui s’endormît dans un silence de conte de fées.
En effet, l’érudition de M.Collin  réveille devant nos yeux décillés du quotidien, la ville médiévale du 13ème siècle qu’était Montferrand.
D’abord les rues ! Non, elles n’étaient pas aussi raides : elles étaient IMPRATICABLES !  De véritables  chemins bourbeux et rocailleux dont toutes les différences de niveau gênaient les chalands lors des nombreux marchés qui enrichissaient la ville. Décision fut alors prise pour le bien des affaires de les creuser, les drainer, les niveler pour les rendre droites et pratiques : le visage de la ville en fût totalement changée. Apparurent alors en rez de chaussée les portes des caves naguère souterraines. Les portes d’entrées desservaient désormais des étages qu’il fallait dés lors munir d’escaliers et de balcons. C’est ce visage que nous connaissons aujourd’hui, accompagné de ses pavements anciens et de ses portes cloutées.
Mais le guide nous montre également l’humour et l’orgueil des Montferrandais d’autrefois.
Ici un notable a voulu impressionner le passant en décorant sa maison d’une peinture d’« oliphant » !! La Maison de l’Oliphant remontant au 13ème siècle est donc romane et si la représentation de l’oliphant en question n’est pas vraiment fidèle à celle de l’animal, c’est que les artistes de l’époque devaient plus  rapprocher l’éléphant des animaux fantastiques que d’une réalité.
L’imagination est d’ailleurs reine dans les décorations des maisons. Partout, un univers merveilleux fait de créatures imaginaires est mêlé à la réalité : Anges et femmes se côtoient sur les tympans, chevaliers et griffons défendent les maisons des mauvais esprits, les centaures des deux sexes entourent les représentations chrétiennes.
Ce mélange émeut, comme s’il nous disait l’innocente et naïve représentation du monde de nos ancêtres, avec ses espérances et ses terreurs. Mais il est également d’une beauté troublante : la lumière s’y attache toujours de façon significative et  les  cours intérieures du 15ème  et 16ème siècles sont stupéfiantes d’un art et d’une magnificence perdus.  Les maisons de l’Ange et de la Licorne (véritable chef d’œuvre malheureusement parti aux Etats-Unis) nous parlent d’un imaginaire tellement proche du quotidien qu’il en devient réel. Souvenons-nous qu’à l’époque, une statue sacrée représentait la divinité elle-même…
L’humour est également très présent dans cet univers  à la fois humain et étranger. Ainsi l « la maison de l’Apothicaire » avec son patient tendant « le fondement » à un clystère nous donne l’écho d’un rire bien rabelaisien !
Nous nous sommes séparés de M. Collin devant les anciens remparts de Montferrand, récemment remis à jour et restaurés. Cet amoureux de Montferrand ne voulait pas nous laisser partir sans nous montrer ces fondations ressorties de terre comme des Phoenix proclamant l’éternité de sa ville bien-aimée.
Nous avons compris, M. Collin, et pour parodier nos cousins Québécois, nous proclamerons désormais dans nos discussions sur Montferrand : « Nous n’oublions pas !!! »

Frédérique M.

18 janvier 2014 - Le secret des "eaux pétrifiantes"

Nicole Papon, la dernière exploitante de la fontaine pétrifiante des grottes du Pérou (peïrou, en auvergnat, signifie la pierre)  a évoqué  la riche histoire de ce lieu millénaire à l'occasion d'une passionnante conférence organisée à la Maison de quartier de la Glacière où nous étions plus d'une cinquantaine de personnes à être venus l'écouter.

Madame Papon nous a d'abord expliqué l'évolution géologique aboutissant à la formation de ces sources avant de décrire, à la manière d'une conteuse, les différentes étapes qui ont conduit à la naissance d'un travail artisanal d'abord grossier, puis évoluant insensiblement vers un art tout en finesse.
La chose reste encore méconnue : l'un des plus anciens volcans du département se trouve sous les pieds des Clermontois. Le centre-ville est en effet bâti sur un cratère volcanique, né de la rencontre « explosive » entre une remontée de magma et une nappe phréatique profonde, il y a environ 156.000 ans. La faille qui a permis à l'époque le passage du magma a également laissé remonter des eaux thermo minérales. Le maar de Jaude – c'est ainsi qu'on le nomme – d'environ 1.500 m de diamètre, est bordé par la butte qui constitue aujourd'hui le plateau central.
Sa lèvre nord, légèrement abaissée, forme une espèce de « bec verseur », d'où les eaux thermo minérales du cratère débordent et suivent la pente en direction de la Tiretaine. Là, elles circulent à faible profondeur, surgissant spontanément en quelques points bas. C'est sur ce cheminement qu'ont été creusés les puits de captage permettant de diriger ensuite les eaux vers les établissements de pétrification.
À la fin du moyen âge, le quartier Saint-Alyre est un faubourg occupé par de nombreux monastères; il est constaté d'étranges arches que l'eau semblait construire d'elle-même, jusqu'à devenir des ponts. Une curiosité extraordinaire qui, dès le 16ème siècle, faisait l'objet de visites. mais Il faudra attendre la deuxième moitié du 17ème pour voir naître l'idée de pétrification volontaire, et le premier tiers du 18ème pour que l'on songe à domestiquer les sources. On parlera dès lors d'«incrustation ».
Le principe ? Lors de l’arrivée de l’eau à l’air libre, le carbonate se précipite sous forme de cristaux aux grains grossiers puis de plus en plus fins. À partir de ces observations, des installations, bassins et échelles sont construits et un long travail de patience, de recherche et d’essais est mis en œuvre pour obtenir des résultats de plus en plus artistiques. Au début, on procédait au recouvrement des objets par quelques millimètres de calcaire. La seule intervention consistait à les retourner régulièrement pour obtenir un dépôt uniforme. Des animaux naturalisés furent également pétrifiés puis des mannequins habillés de costumes locaux . Au début du XIXème siècle, une nouvelle méthode de travail, beaucoup plus complexe, commence : l’incrustation sur moulage, qui consiste à obtenir un dépôt très fin et extrêmement régulier sur un moule qui fut d’abord en soufre puis en gutta-percha (une gomme végétale naturelle), réalisé à partir d’un original en cuivre. La méthode s’est perfectionnée au fil des ans jusqu’à obtenir des bas-reliefs quasiment translucides, d’une couleur proche de celle de l’ivoire. Cette teinte est donnée par l’oxyde de fer contenu dans l’eau que l’on épure plus ou moins, selon le résultat désiré, en la faisant circuler dans des canaux remplis de copeaux de bois.

Ces procédés restent utilisés aux fontaines pétrifiantes de Saint Nectaire, où Éric Papon, septième maillon d'une même famille, s'applique à perpétuer la tradition.

M-Thé C

7 décembre 2013 - La Grande Mosquée de Clermont-Ferrand

Ce samedi 7 décembre, sur le parking près de la tôlerie où nous nous sommes tous retrouvés, nous étions environ une trentaine de personnes pour nous rendre à la grande mosquée.

Même si les travaux se poursuivent encore à l'extérieur de l'édifice, l'aspect sacré des lieux nous invite au silence. Les personnes debout doivent retirer leurs chaussures avant d'entrer dans la grande salle tandis qu'il est demandé à celles en fauteuil d'emprunter un long tapis déroulé à leur intention, protégeant ainsi la moquette où les fidèles viennent prier.

A l'intérieur, l'homme qui nous accueille se présente comme architecte, secrétaire de la grande mosquée, président de l'IMA (Institut Musulman d'Auvergne): M. Karim Djermani.

Il nous propose de nous faire découvrir la mosquée dans ses grandes lignes puis de répondre à nos questions, ce que notre groupe accepte dans un murmure discret.

Si la mosquée est grande par son rayonnement religieux, elle l'est d'abord par sa superficie. Jugez donc: une surface de 2700 m2, une capacité d'accueil de 1500 personnes, un dôme de 13 mètres de hauteur...

La grande pièce où nous nous trouvons est d'une intense clarté grâce au dôme en verre qui la surplombe. A cette lumière naturelle s'ajoute celle des murs, uniformément blancs ponctués de lumineuses calligraphies dorées, représentant les 99 plus beaux noms de l'islam (sagesse etc...). Des appliques en plâtre ajourées sont munies de vitraux, mais elles restent discrètes en cette pleine journée.

La seule couleur proprement dite est le vert: omniprésent dans la moquette ainsi que dans plusieurs calligraphies. "Le vert est la couleur de l'islam nous explique M.Djermani, car c'est la couleur du paradis donc de l'espérance".

La salle est entourée de 20 colonnes imposantes en stuc blanc, semblant supporter la mezzanine formant l'étage, elle-même ajourée d'arches: c'est l'endroit de prière des femmes.

M. Djermani attire notre attention sur le "Mihrab", cette niche creusée dans le mur pour indiquer au croyant la direction de la Mecque: elle est le seul endroit véritablement sacré de la mosquée. Puis il nous montre un escalier adossé au mur de la grande salle de prière, à côté du mihrab, il s'agit du "Minbar", chaire où l'imam doit monter 8 marches pour s'adresser aux fidèles et faire son prêche.

Il nous explique que le mihrab en marqueterie de marbre, le minbar en bois de cèdre du Liban ainsi que les 2 immenses lustres de la grande salle, sont des cadeaux d'un richissime musulman égyptien pour la mosquée de Clermont.

A la base d'un des 2 lustres, s'étale comme une fleur une calligraphie verte représentant une sourate (une prière) dite "de la dilatation". Elle a été accomplie par Najib Chergui, calligraphe billomois.
Après cette présentation des lieux, M.Djermani nous parle de l'islam. Religion tolérante par excellence, elle prône le respect de l'autre et de sa différence, laissant à Dieu le soin d'arbitrer qui, parmi les différentes religions humaines, aura le mieux fait pour s'approcher de Sa Perfection et de Son Amour.

L'évocation de Marie (sainte chez eux aussi) et de Jésus (appelé "mon frère" par le prophète Mahomet) est visiblement appuyée en début de discours. Une volonté évidente d'apaisement, de respect mutuel et d'encouragement à la cohabitation fraternelle émanent clairement du discours de M. Djermani ainsi que de ses réponses tout aussi œcuméniques aux questions posées.

Celui-ci nous invite ensuite à prendre un thé dans le salon  prévue à cet effet. Nous sommes reçus dans une grande pièce dont la décoration (bois découpés, meubles octogonaux et luminaires de cuivre) nous fait voyager aux pays du Maghreb. Là plusieurs personnes s'affairent à déplacer tables et chaises afin de nous recevoir au mieux du confort de tous.
Si la couleur de l'Islam est celle du vert de l'espérance du Paradis, celle de l'amitié inter-communautés a sans aucun doute la couleur miel doré du thé qui nous a été servi à l'issue de la visite. Ce fut un réel moment de communion, où l'ambiance détendue participait au dialogue de chacun et incitait à la détente et aux rires.

Une fois partie avec mes amis d'HandiLettante pour un retour chez soi, je pensais à ce poète tant aimé de mon adolescence, Robert Desnos, dont un des poèmes proposait des formes de vie fantastiques et improbables et terminait par un "Pourquoi pas?!" mêlant humour et promesse d'1 futur étonnant et foisonnant! Ce thé si chaleureux était le "pourquoi pas?!" de Desnos... 

L'avenir veillera à tenir cette promesse! A très bientôt à tous! 

Frédérique M.

23 octobre 2013 - Visite de Riom

C'est une association que j'ai rencontrée dans un forum. Elle s'appelle "Handilettante".

Elle propose des ballades intéressantes entre personnes qui aiment les belles choses et ont la curiosité de gratter le vernis des décors que l'ont croit connaître sans soupçonner leurs réelles richesses.
Malgré mon scepticisme envers les groupes,mon envie de sortir le museau de ma tanière me poussa à dire "pourquoi pas"!...Ma première sortie devait être une visite de Riom que je connaissais uniquement pour l'avoir traversé bien souvent en voiture.
Sur un parking de grande surface, je retrouve mes premiers contacts: approches chaleureuses, ambiance bon-enfant, je grimpe dans une voiture en compagnie de personnes inconnues qui se présentent à moi en souriant, prénom sur les lèvres.
Une fois arrivés à Riom, nous nous regroupons et une charmante guide touristique arrive de suite vers nous. Et là....l'enchantement commence:
Comment? Cette ville existait déjà dans l'antiquité gallo romaine? Comment? Riom vient du latin "riches marchés"? La jeune brunette nous guide au travers d'une ville qui nous demande de la regarder dans son essence, dans sa beauté, dans son histoire. La maison des consuls, la rue du palais royal, tout nous sourit du haut de plusieurs siècles.
Le musée Mandet nous ouvre ses hautes portes noires sur des merveilles de conte de fées: un fauteuil en cristal lévite dans l'air en parant de lumière une mise en abyme, le bestiaire enchanté de Marc Lémart (contemporain de Pompon) nous offre ses sourires et sa tendresse humaine. Nous finissons avec la merveilleuse Vierge à l'oiseau dont le visage, à jamais souriant d'amour maternel, nous invite à l'admiration de la foi de nos pères.
La jeune guide s'est envolée...comme une elfe fatiguée de prodiguer ses dons.
Nous nous sommes retrouvés devant un rafraichissement, tout joyeux de notre ballade, médusés du temps si vite envolé..."C'est sûr, nous recommencerons bientôt ailleurs"...Emue jusqu'au tréfonds de cette rencontre inespérée, je mitraille de photos toute la joyeuse bande: je serais ainsi sûre de ne pas avoir rêver!
Je m'appelle Frédérique, j'ai 56 ans, je suis handicapée physique et je vous souhaite de nous rencontrer pour bien vous amuser!!                                                  
FRÉDÉRIQUE (26/10/2013)

27 juillet 2013 – Château de La CHASSAIGNE (près de THIERS)

Bienvenus au château de  la Chassaigne......

Dans un havre de verdure à l’abri des regards et du soleil brûlant, le châtelain, Jean-Paul Gouttefangeas, et sa dame châtelaine nous ont réservé un accueil merveilleux de gentillesse, de disponibilité et leur souci de faciliter tout ce qui pouvait l’être, en firent de merveilleux guides.

Ce fut donc un régal que de se réunir à proximité du Château, autour des tables sous les arbres, à la fraîche. Rayons de soleil au travers des feuillages, petit vent frais balançant les branches…
Nous retrouvions aussi 2 des nôtres qui avaient participé au séjour HCE en Roumanie. Heureux d’être ensemble, nous avons partagé quelques impressions de voyage.

Bientôt le châtelain nous invite à nous installer devant le château tandis qu’il commence à montrer des documents anciens et à les commenter. Le château (1480), qualifié de « manoir » est représentatif de l’architecture civile de l’époque du 15ème  siècle. Les successions s’opèrent le plus souvent par filiation. D’abord, nous écoutons un peu d’histoire à propos des différents propriétaires qui se succédèrent. Selon les époques et les événements politiques, les projets furent variés et parfois… violemment contrariés.

Jean de La Chassaigne acquit la propriété au 12ème siècle, et M. Durfé au 15ème ; lequel la vendit à M. Chazeron au 16ème. Au 17ème siècle c’est au tour de la famille de Montmorin laquelle va vendre le château à la famille Simiane. Le marquis de Simiane importe des orangers qu’il va installer dans la partie des serres dites froides (protection des végétaux jusqu’à -10°C). Les Montmorin réacquerront la propriété auprès des Simiane, eux-mêmes revendront au Riberolles qui, à leur tour revendront aux premiers (les Montmorin). Vous suivez toujours ? Las ! L’époque est plutôt agitée, depuis 1785… M. Montmorin sera poursuivi en tant que propriétaire terrien, emmené à Paris en 1789, pour y être décapité.

Les Riberolles récupèreront un manoir aux tours détruites pendant la Révolution. La loi de l’époque leur impose de ne pas recouvrir la toiture sur une période de 2 à 3 mois afin que les intempéries y fassent leur œuvre. Les châtelains veulent vendre au début du 20ème siècle : l’opération échoue ; ils devront se résoudre à vendre « à la découpe ». D’un côté ce seront les statues du parc, les arbres et la ferme qui seront cédés. Reste l’édifice principal devant lequel un chemin sera construit pour y accéder en passant… par chez le voisin. La cour elle-même a appartenu à 2 propriétaires (chacun en reçut une partie). Aujourd’hui la cour est « rassemblée » en une seule parcelle mais la servitude du droit de passage est toujours d’actualité. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

Enfin au 20ème siècle et depuis, ce sont 2 familles qui jouissent du lieu : les Roux et les Delotz. Les uns occupent le 1er étage du bâtiment, les autres le second.

Tous ces épisodes ne nous parlent pas de l’environnement immédiat de la bâtisse : il n’y avait aucun jardin, la ferme et l’orangerie – construits en pisé – sont tombés en ruines et furent reconstruits sur les mêmes emplacements ; on y ajouta des caves.

A l’étage supérieur du manoir, chaque angle possédait une « poivrière » (tourelle avec un toit en forme de chapeau pointu, comme une poivrière), placée en avancée, ce qui permettait d’observer de tous côtés.

Le château de La Chassaigne est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.  Les châtelains actuels, passionnés par ce lieu ont fait rehausser le bâtiment, ce qui affine encore son élégance. Aucune subvention ne leur est allouée pour l’entretien des lieux, mais le couple déduit entièrement les montants de la restauration, ce qui les dispense de tout impôt. (C’est une entreprise thiernoise qui a restauré les enduits des murs, reprenant les couleurs d’origine).

Tout le monde s’est montré attentif pendant l’évocation historique de  Jean Paul Gouttefangeas qui, à 70 ans passés, montre toujours une réelle passion et un tonus impressionnant. A la fin du récit, et de façon parfaitement synchronisée, Madame sonne la cloche pour indiquer aux éventuels retardataires que la visite de l’intérieur va commencer.
C’est la première fois que nous voyons Madame, mais pas la dernière…

Nous avons vu qu’à présent, il y a ici 2 propriétaires. Ceux qui nous reçoivent s’occupent du 1er étage qu’ils se sont efforcés de mettre en valeur, en reconstituant les salles, tout en conservant chaque élément singulier autant qu’il était possible.

A la fin des phrases de Monsieur, Madame tente de lui « chiper » la place, en se déplaçant physiquement et en lui prenant la parole. Lui, aurait bien fait tous les commentaires, à lui tout seul… bien volontiers. Madame guette le moment où son époux va terminer la phrase suivante pour enchaîner à son tour sur un sujet qu’elle estime sans doute lui revenir d’office : la tapisserie. M. s’éclipse, il reviendra dans un moment.

La grande tapisserie d’Aubusson – qui date du 17ème siècle – aurait grand besoin d’une restauration rafraîchissante, mais pour des questions de coût, ce n’est pas à l’ordre du jour.

Les différents motifs qui composent la tapisserie représentent un épisode du roman de M. d’Urfé (l’un des propriétaires), décrivant les amours de 2 jeunes gens dont les familles sont ennemies. L’histoire est certainement complexe puisqu’elle ne compte pas moins de… 5000 pages ! Un cinéaste bien actuel – Eric Rohmer – s’est emparé du sujet pour construire le scenario de son film : « Les amours d’Astrée et Céladon ».
Sur la tapisserie, les paysages sont ceux de notre région.

Puis nous nous dirigeons vers d’autres salles, tout aussi riches et propices aux commentaires.
Une fois la visite de l’intérieur terminée, Jean Paul Gouttefangeas nous emmène dans les jardins : quel travail ! Quel entretien ! Chaque parcelle a son caractère et « surtout, ne faites pas des barrières de verdure avec du charme ! » n’a cessé de nous répéter M. Gouttefangeas : « Prenez des conifères, les feuillus ça pousse trop vite ! ». On pourrait parier peut-être, que pour la prochaine saison, il y aura encore pas mal de changement au château, mais cette fois, dans les jardins. Là, Madame ne s’y aventure guère…
Les pieds piétinent, les gorges s’assèchent, l’heure tourne. Le temps a passé vite à écouter les châtelains. Chaque participant rejoint la voiture qui l’a amené, les politesses sont rapides, c’est le moment du retour.

Jusqu’à la prochaine fois !
Évelyne C

22 juin 2013 – Montpeyroux

C’est par un petit air frisquet que nous nous retrouvons tous, ceux de HandiLettante et ceux de HCE 63, assez souvent les mêmes, prêts à prendre la route pour Montpeyroux.
Montpeyroux est une fierté régionale, voire nationale puisque le site est classé parmi « les Plus Beaux Villages de France ».
Il s’agit d’un village haut perché (460m) sur une butte, surplombant un panorama verdoyant et lumineux en cette fin de printemps. C’est un endroit idéal pour la culture de la vigne, le soleil tournant tout autour des coteaux abondamment plantés.
Une fois de plus, comme pour les autres balades, nous croisons les doigts pour que le ciel nous préserve des nuages chassés par un vent modéré mais bien présent. Lorsque nous arrivons à destination, le soleil est au rendez-vous, chacun s’affaire à installer les joëlettes ; notre guide attend, très patiente, pensant peut-être que cette équipe, tout de même très bruyante, ne sait pas trop comment « être efficace ».
Krystina qui pilote la journée, papillonne d’un groupe à l’autre, tentant désespérément de discipliner ses troupes…
Las ! Autant cracher contre le vent, Manu l’a bien compris… et comme le vent, il y en a…
Enfin les 5 joëlettes sont opérationnelles, la joyeuse troupe se met en marche.
Le haut village est dominé par une tour (au sud -est) datant du XIème siècle, vestige d’une forteresse avec des rues en anneaux reliées par des escaliers, dont l’origine est mal connue. Cette disposition particulière permet de raccourcir les trajets si l’on ne traîne pas de matériel roulant. Les escaliers qui longent les maisons sont aussi un lieu d’échanges des nouvelles et un moyen de trouver un peu d’ombre.
(Voir encadré « HISTORIQUE » pour la description plus détaillée de la visite).
Le soleil donne à plein sur les coteaux, la végétation fleurie court sur toutes les façades exposées, renvoyant de belles couleurs fraîches à la vue des promeneurs, dispersant des odeurs légères courant avec le vent.
En 1954, un architecte séduit par les lieux rachète une partie du village dont l’habitat est fort dégradé ; il restaure une maison de maître-vigneron (plan carré et toi à 4 pentes). La réussite est totale, et bientôt une association se crée qui va favoriser la restauration de tout le village, dans le respect des fonctions et usages locaux.
Nous faisons un arrêt au pied d’un de ces escaliers, accès typique pour les ouvriers transportant les grands paniers pleins de raisins sur leur dos. Le trajet était surnommé « la montée des bougnats », lesquels empruntaient ce  circuit, de même que les derniers tisserands (pour le lin).
Pour compléter sa paye, le samedi, le paysan se faisait coiffeur…
Les divers lieux d’exploitation ont été fermés un peu avant 1914.
Rue des Pradets, une ancienne maison d’ouvrier vigneron construite tout en hauteur. Outre le gain de place, c’est aussi faire le distinguo entre la partie habitation – en haut, et le cuvage – en rez-de-chaussée.
Au 1er étage une pièce commune est ouverte sur un petit balcon protégé par un garde-corps en bois plus une chambre.
En bas, au niveau du cuvage, la pièce est fermée par une porte en bois plein et/ou une porte à claire-voie de façon à préserver les habitants des émanations de gaz carbonique produit par la fermentation des raisins.
Pour faire le commerce du vin, les locaux utilisent les eaux de l’Allier tout proche (à Coudes) : ils construisent des sapinières – barques longues à fond plat, en bois de sapin. Le bois vient d’un peu plus au nord, chargé à Paris ou ses environs. La voie empruntée est facile lorsque le canal de Briare (1605/1642) entre en service qui permet de rallier les affluents de la Seine. Sur quelques dizaines de kilomètres, les barges sont tirées par des chevaux, des mules ou des bœufs sur les chemins de halage.
Par mesure d’économie les mariniers redescendent de Paris … à pied, laissant leur barque qui redescendra chargée de bois (sur la route, entre autres, le bois de la forêt de Tronçais est sélectionné pour les grands chantiers) ; ceci jusqu’au début du XIXème siècle, au moment de l’arrivée du chemin de fer.
La promenade dans le village se poursuit : il y a tant de choses à voir. Les jardins sont proches du village, distribués en terrasses – on y remarque d’abord les vignes, puis plus bas les vergers, plus bas enfin les cultures céréalières. Dans les jardins potagers, quelques fleurs en colorent les bordures, à d’autres endroits des fleurs sauvages poussent librement, comme la sarriette ou le sureau. Dans notre groupe toujours avide de dégustation, les idées fusent, surtout celles de recettes qui s’échangent bruyamment (voir recette dans l’encadré).
Des tourelles rondes courent tout au long de l’enceinte qui fut érigée pendant le XIIème siècle par Philippe Auguste. Plusieurs villages de la région sont construits sur ce modèle : ce sont les forts villageois.
Aujourd’hui, la tour est devenue patrimoine de l’Académie des Arts de Clermont-Ferrand.
Chaque année, au rez-de-chaussée et au premier niveau des expositions y sont organisées.
Notre visite s’achève devant l’église dédiée à Saint Bonnet, devenue paroisse au XIXème siècle. Cette église fut construite à cette époque par les carriers, dans un style néo-roman. Elle est la première qui possède un chœur avec un large déambulatoire. A la croisée des transepts, la couverture est une coupole. Les colonnes qui ornent les piliers porteurs sont monolithiques (un seul bloc et non plusieurs empilés) – comme dans l’église d’Aigueperse, reconstruite elle aussi au XIXème siècle. Des sculptures furent découvertes représentant N.D. des Rogations (XVIème – XVIIème siècles) et Saint Verny, patron des vignerons. La Vierge est également appelée N.D. des Chais car elle fut découverte dans la sacristie par… un vigneron !
La visite a passionné les promeneurs, devenus sages pour écouter les descriptions de notre guide, mais chassez le naturel… vous connaissez la suite !
Au galop donc, nous redescendons vers Coudes, sur les bords de l’Allier, chez la maman de Florence. Il est 13 h 30, le soleil donne, donne, donne vraiment. Rapidement une grande bâche est installée sur les armatures qui peuvent recevoir cette protection indispensable. Nous sommes très nombreux (40 convives), tout le monde ne se connaît pas, Florence a lancé des invitations tous azimuts pour voir tout son monde avant de repartir pour Nouméa. Elle a aussi soigné le menu. Son équipe rapprochée a prévu tout en abondance : l’apéro se prolonge, le repas itou, la chaleur crée la torpeur…
A un moment quasi silencieux, quelques-uns se rendent compte qu’il faut songer à rentrer après avoir remis les lieux en état : il est 17 h 30…
Beaucoup ont prévu un repas léger léger pour le soir, ah bon ?
Evelyne C

4 mai 2013 – AURIERES, ferme pédagogique

ou le bien-être des animaux pour une nourriture saine
Mme et Mr Randanne gèrent leur ferme pédagogique, de production de lait. Qui dit lait, dit… vaches ? chèvres… ? ânesses… ? ou tout autre encore ?
Le troupeau qui compte 34 à 40 têtes est mis à paître aux champs aux premiers soleils du printemps. Las ! Cette année, le soleil n’a pas étendu ses rayons de sitôt et les bêtes ont dû rester au chaud. Au chaud dans l’étable 4*, voyez donc : foin abondant de la dernière saison – non, pas d’ensilage – chaleur animale « durable » avec ses congénères, brosses montées sur rouleaux pour se gratter et se lustrer le poil, hygiène et soins du pis avant et après la traite ; rien n’est négligé pour le bien-être des bêtes.
Les bêtes à cornes (vous avez compris que l’on parle de vaches puisqu’elles paissent dans les prairies, et pas les chèvres, et que s’il s’agit d’un troupeau, c’est bien rare qu’il soit question d’ânes), nos amies les vaches donneront leur lait de façon assez conséquente (20 à 25 litres par jour).
Pour donner son lait, la vache a d’abord donné la vie à un petit veau. Le bébé se porte plutôt bien avec ses 40 kg à la naissance ! La mère, elle, en pèse 750 ! Et le petit veau, avide et gourmand, réclame sa part qu’il ne partagera sûrement pas avec ses camarades ! La vache peut donner naissance à un veau chaque année. Pour cela, elle subit une insémination à un âge situé entre 18 et 24 mois. A cette période elle est une génisse. Lorsqu’elle aura mis bas, elle sera promue au statut de vache.
Pour la production de lait, les règles d’hygiène sont drastiques. Dès que le lait est tiré, il emprunte un circuit très précis, une installation de tuyaux qui le transporte jusqu’à la fromagerie - qui ne se visite pas pour raisons d’hygiène.
Le lait tiré, dit « cru », reçoit sa présure immédiatement ; elle est issue de la caillette du veau (enveloppe de la panse du veau). La présure permet la fermentation, compacte les éléments gras du lait et l’autre partie du lait sera écrémée, prenant une teinte tirant sur le vert : c’est le petit lait qui, lui, sera transformé en beurre.
Le lait fermenté, compacté, sera distribué dans des moules aérés de multiples perforations puis mis à sécher non sans avoir reçu une première dose de sel sur la tomme !
La tomme est mise sous presse pendant 48 heures puis en chambre froide et enfin en cave pendant 28 jours. C’est au moment où l’égouttage est terminé que le sceau qui le qualifie de « laitier » ou « fermier » sera apposé sur sa croûte. Vous ne savez pas quelle est la différence ? Demandez aux enfants qui formaient un autre groupe avec leurs familles, ils en connaissaient un rayon !
Cette dernière étape de séchage se nomme l’affinage. La fermentation obtenue par la présence de la présure dans le lait favorise le développement de bactéries ou « champignons ». Les fromages seront salés une nouvelle fois à l’entrée en cave, et les tommes seront retournées 2 à 3 fois par semaine sur leurs supports, jusqu’à maturation. Il faut compter au moins 3 mois d’affinage pour que la dégustation soit au meilleur niveau.
A cette étape ultime, le fromage pèsera entre 1 et 1,5 kg, ce qui aura demandé… 10 litres de lait, les 10 litres de lait produits par la vache, qui a donné vie au veau, lequel deviendra une génisse (les veaux mâles sont vendus à d’autres élevages ou partent à la boucherie), la génisse à son tour mettra bas et donnera son lait, en partie pour nourrir le veau et permettra aussi de fabriquer… des fromages, vendus au magasin de la ferme, tels ceux que vous avez pu déguster !
Évelyne C

6 avril 2013 – Le Moulin des Desniers

Du grain au pain.
De l’eau pour faire tourner la roue, de la farine et de la levure pour travailler la pâte (voir la recette)…
La pâte vit, se laisse malaxer et pétrir, même que « ça demande de la vigueur dans les mains et dans les bras » vous diront plus d’un !
Après l’avoir laissé reposer et mise en forme, hop ! dans le four.
Le boulanger a préparé le foyer, ôté les braises devenues inutiles, et déposé avec sa pelle à long manche les pains préparés. Le gardien de la chaleur (ce jour-là, Vicente) ferme, ouvre et referme la porte du four, éclairant le passage pour la pelle à pain.
Quelque 15 minutes plus tard, quelle odeur merveilleuse, quelles belles couleurs !
Du plus cuit, dans les ocres foncés – les premiers pains enfournés – aux plus « blancs » dans les beiges légers, c’est tout le (ou « notre ») travail qui se trouve révélé.
Claude CATTEAU notre guide, plus qu’intéressé par la fabrication du pain… et des fours à pain a trouvé ici de quoi nourrir sa passion. Auprès des petits et des grands, le même enthousiasme, et avec ça un humour qui ne laisse pas indifférent. Ici on accueille les groupes d’enfants et d’adultes, on y fait de l’intergénérationnel sans se forcer.
Ce gars du nord devenu auvergnat a épousé, en noces annexes, le plaisir de vivre au pays des Combrailles. Il parle du bief et du gour, tout proche : le second déborde tout le temps et alimente le premier qui fait tourner la roue.
De l’eau pour faire tourner la roue, de la farine…
En fin de repas on a fêté l’anniversaire de Carla. Un beau gâteau, illuminé de ses bougies, un poème de Victor Hugo choisi et lu par Daniel, pour elle.  Une chanson interprétée par un chœur très enthousiaste. Tout émue notre Carla, qui aurait bien voulu embrasser tout le monde !
Nous étions 23 au Moulin. Une bien belle journée, dommage que notre ami le soleil n’ait pas daigné honorer le printemps. Chacun est reparti, qui avec sa miche, qui sa couronne ou son pain court et trapu. De beaux échanges entre nous tous.
Évelyne C

6 avril 2013 – RECETTE POUR LA FABRICATION D’UNE MICHE DE PAIN

Comme ustensiles, prévoir une bassine (ou un espace propre sur une toile cirée par exemple), une cuillère à soupe et surtout vos mains et votre entrain.
Ingrédients :
-    1 l d’eau tiède,
-    1200 g de farine
-    200 g de levure de boulanger
-    un peu de sel
Dans 1 bassine verser 1 litre d’eau tiède. Ajouter 200 g de levure. Mélanger avec la cuillère.
Ajouter 1200 g de farine (T 65), mélanger et malaxer l’ensemble. Le mélange épaissit ; continuer de pétrir à pleines mains, largement, soulever la pâte, continuer à la malaxer jusqu’à ce que la consistance soit ferme et compacte.
Puis laisser reposer la pâte dans son contenant - pendant au moins 3 heures - couvrir d’un torchon pour que l’évaporation ne soit pas trop importante. L’ensemble va gonfler.
Préparer le four, le faire chauffer à 200° (th. 7 au début, puis th. 6) pendant 20’.
Sur un linge (en lin de préférence, la pâte adhérera moins au tissu que sur du coton), saupoudrer un peu de farine ainsi que sur la boule préparée et bien gonflée.
Mise en forme. Selon le volume souhaité, et la quantité de pâte préparée, séparer éventuellement la pâte en portions pour obtenir une miche, des bannetons ou petites couronnes (pour ces dernières, la préparation doit être mise dans une corbeille ronde munie d’un dispositif central). Dans cette opération, ne pas malaxer, rester dans l’économie de gestes pour ne pas annuler l’action de la levure. Lorsque la mise en forme est achevée, faire quelques entailles au couteau sur les pains prêts à cuire (cela évite les bulles d’air).
Cuisson. Disposer les éléments sur la plaque (ou la grille) du four. Enfourner et laisser au thermostat 6. La cuisson sera « rapide ». Lorsque le pain lève et se dore, le surveiller attentivement. Le temps moyen peut être estimé à une durée moyenne de 20’ (selon les goûts : + ou – cuit, la croûte du pain foncera d’autant).
Dégustation. A votre bon plaisir !
Évelyne C

16 mars 2013 - LES CAVES D’AUBIERE

Par une très fraîche journée, nous nous retrouvons nombreux devant les Caves. Un regard rapide suffit pour évaluer que la présence masculine est largement majoritaire … Un tel rassemblement (40 personnes) est même étonnant ; il faut croire que le sujet est mobilisateur, quel succès !
Comme il fait frisquet, on se masse devant l’entrée pour écouter les président et vice-président de l’ASCA (Association pour la Sauvegarde des Caves d’Aubière) nous expliquer, documents à l’appui, la genèse de leur association et son fonctionnement actuel.
Leur enthousiasme est communicatif, la visite de quelques caves nous persuade de l’intérêt et des raisons de l’engouement des visiteurs, qu’ils viennent en collectifs ou en particuliers.
En un peu plus de 2 heures, cinq siècles d’histoire locale avec toutes ses particularités familiales sont racontés et illustrées sous les voûtes, transmis dans ces dédales.
Une visée pédagogique est également développée sur les terrains où les ceps vont donner les raisins que les enfants des écoles sont heureux de venir vendanger.
Le produit de la vente du vin est remis à des œuvres caritatives.
Comme tous les groupes, nous avons clôturé la visite « au chaud » dans les caves, en dégustant la production vinicole. Quel brouhaha sous les voûtes pour commenter le meilleur, lequel du blanc ou du rouge est le plus apprécié ! Les langues allaient bon train !
Enfin un casse-croûte revigorant, accompagné par des chansons populaires autour de la vigne évidemment ; le petit plus : l’air de guitare qui sauvegardait l’unisson.
Bel après-midi, instructif et récréatif auprès de nos richesses locales, parfois méconnues dans ses proches environs.
Un grand merci à Messieurs Gérard Bonhomme et Roger Montagner qui nous ont guidés.
Évelyne C